A LA UNE

Bassiste, compositeur et arrangeur professionnel, Thierry Bedoucha a passé un demi-siècle dans les studios et sur les scènes françaises. Sideman de Niagara, Michel Fugain, Pascal Obispo, Kent, Yves Duteil, Jean Guidoni ou Nicole Rieu, formateur agréé Steinberg, rédacteur pour Bass Magazine et Guitare Magazine : il livre à Gravebasse.com un regard lucide et généreux sur la basse, la production, l'industrie et l'irruption de l'IA générative.

Les dernières actus

Juin 2026

Empirical — Like Lambs: To The Slaughter

Huitième album du collectif britannique Empirical, Like Lambs: To The Slaughter arrive avec une équipe redessinée. Le départ aux États-Unis du vibraphoniste Lewis Wright, membre de longue date, a laissé un vide que le groupe n'a pas cherché à combler à l'identique : autour du trio resserré Nathaniel Facey (saxophone alto), Tom Farmer (contrebasse) et Shaney Forbes (batterie), le pianiste Ivo Neame et le guitariste David Preston viennent élargir la palette en invités. C'est là que l'écoute « basse » devient intéressante. Privée de l'épine vibraphonique qui structurait jadis ses harmonies, la musique reporte une partie de cette charge sur la contrebasse. Tom Farmer, cofondateur et pivot rythmique du groupe, se retrouve à arbitrer en permanence entre fonction d'ancrage et liberté mélodique — d'autant que le piano de Neame dialogue avec lui sur le terrain harmonique plutôt que de l'y remplacer. L'archet et le pizzicato se partagent l'ouvrage selon les mouvements, la contrebasse passant tour à tour du socle au contre-chant. Conçu à l'origine par le batteur Shaney Forbes comme une suite au long cours, d'abord parue en EP, le disque se déploie ici en un récit continu de 51 minutes, sans rupture. Il traverse une terre mouvante entre musique contemporaine, paysages sonores, post-bop et free, fidèle à la filiation revendiquée du jazz des années 1960. Le propos — pensée indépendante contre comportement de troupeau, frontière entre innocence et ignorance — colle au titre, et la forme même de l'œuvre, un arc ininterrompu, en devient le manifeste : une invitation à résister à l'attention fragmentée. Dans le grave, l'album vaut surtout comme leçon de fonction : comment une contrebasse soutient un édifice collectif quand on lui retire l'un de ses piliers. Exigeant, parfois âpre, mais payant pour qui accepte de s'immerger d'un seul tenant.

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Little North — Crossing Currents

Sixième album en six ans pour le trio danois Little North, et l'un des plus ambitieux. Enregistré à New York dès novembre 2023, Crossing Currents sort le décor habituel du piano-trio nordique pour aller dialoguer avec deux voix marquantes de la scène américaine : le vibraphoniste Joel Ross et le saxophoniste Hannes Bennich. Le titre dit tout : il s'agit de courants qui se croisent, ceux de Copenhague, Malmö et Manhattan, fondus dans une même langue. Pour qui écoute par le bas du spectre, l'intérêt se loge dans le jeu de Martin Brunbjerg Rasmussen. Sa contrebasse reste fidèle à ce qui fait la signature du groupe : une assise jamais ostentatoire, mobile, à l'écoute, qui laisse respirer le piano de Benjamin Nørholm Jacobsen et les nappes de Lasse Jacobsen à la batterie. C'est l'école du contrebassiste-architecte plutôt que du soliste démonstratif — héritage assumé de la lignée Niels-Henning Ørsted Pedersen, mais ramené à une retenue toute scandinave. L'ajout du vibraphone change pourtant l'équation : la basse doit désormais tenir le grave face à un instrument harmonique concurrent, et c'est là que l'écoute collective du trio paie. Le résultat est un disque de transition au beau sens du terme : cinématique et minimaliste comme à l'accoutumée, mais traversé d'une énergie et d'une conversation transatlantique qui élargissent franchement le territoire. Les amateurs de Wide Open ou While You Wait ne seront pas dépaysés ; les autres y trouveront une bonne porte d'entrée vers ce « Nordic cool » dont Little North est devenu, presque sans bruit, l'un des meilleurs représentants.

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Né(e)s un 26 juin ! Bon anniversaire à...

Né à Philadelphie, Reginald "Reggie" Workman s'est imposé comme l'un des contrebassistes d'avant-garde et de hard bop les plus doués et influents de l'histoire du jazz. Il se fait d'abord remarquer au début des années soixante en remplaçant Steve Davis au sein du légendaire quartette de John Coltrane. Sa participation aux sessions mythiques du Village Vanguard et sa capacité à dialoguer musicalement avec le saxophoniste ont redéfini la place de la contrebasse dans le jazz moderne. Après son départ du groupe de Coltrane, il apporte son jeu robuste et profondément ancré chez les Jazz Messengers d'Art Blakey, remplaçant Jymie Merritt. Tout au long de sa prolifique carrière, il a croisé le fer avec des figures tutélaires telles que Thelonious Monk, Wayne Shorter, Freddie Hubbard et Alice Coltrane. Véritable scientifique du son et explorateur infatigable, il continue de transmettre sa passion et son savoir en tant que professeur, veillant à ce que l'histoire du jazz soit préservée tout en encourageant ses élèves à développer leur propre voix artistique. Son apport incommensurable à la musique américaine lui a valu de multiples récompenses, dont la prestigieuse bourse Guggenheim pour la composition.

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Eastwood Warren Ellis MT : la première basse microtonale de la marque débarque

Eastwood, le fabricant canadien spécialisé dans la réédition d’instruments atypiques et oubliés, ajoute une corde — ou plutôt une fraction de ton — à son arc. La Warren Ellis MT Microtonal est présentée comme la première basse microtonale du catalogue. Elle reprend la silhouette short scale de la Warren Ellis Bass déjà bien connue des amateurs, mais troque sa touche classique contre un manche à 27 frettes microtonales qui ouvrent l’accès aux notes situées entre les intervalles du système tempéré à douze sons.

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Garder la musique humaine !

Au même mois de janvier 2026, Bandcamp bannissait toute musique générée par IA et Spotify augmentait encore ses tarifs. Deux annonces, deux philosophies opposées du métier d’artiste. Enquête sur ce qui sépare réellement une plateforme de vente directe des géants du streaming — et sur ce que cela change pour la basse et les musiques de niche.

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Né(e)s un 25 juin ! Bon anniversaire à...

En ce vingt-cinq juin, la communauté des bassistes célèbre l'anniversaire de Michael Douglas Henry Kroeger, le socle rythmique indéboulonnable et membre fondateur de la formation canadienne Nickelback. Né en mille neuf cent soixante-douze à Hanna dans la province de l'Alberta, il a découvert sa vocation presque par accident lorsque son jeune frère Chad s'est mis à la guitare. Refusant de suivre exactement le même chemin, il a jeté son dévolu sur une basse Fender Precision de mille neuf cent soixante-dix-huit ayant appartenu à son grand-père, lui-même ancien musicien. C'est d'ailleurs à Mike que le monde du rock doit le nom de son célèbre groupe, inspiré par la monnaie qu'il rendait inlassablement à ses clients lorsqu'il travaillait dans un café à Vancouver au milieu des années quatre-vingt-dix. En tant que musicien, il se distingue par une approche redoutablement efficace et dévouée au service exclusif de la chanson, privilégiant un jeu au médiator musclé qui verrouille la section rythmique avec une précision métronomique. Les amateurs de matériel savent qu'il est un grand adepte des basses Spector au son caverneux, qu'il couple souvent avec des amplificateurs massifs pour obtenir cette lourdeur caractéristique du post-grunge. Au-delà de ses accomplissements planétaires et de ses millions d'albums vendus, sa trajectoire force l'admiration par sa résilience remarquable, lui qui a surmonté un grave accident vasculaire cérébral en deux mille treize avant de remonter sur scène avec une détermination intacte pour continuer de faire vibrer les foules du monde entier.

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Né(e)s un 24 juin ! Bon anniversaire à...

John Illsley est une figure incontournable de l'histoire du rock britannique, indissociable du son de basse qui a propulsé les compositions de Mark Knopfler au sommet des classements mondiaux. Né à Leicester, il entame son parcours musical au cœur des années soixante-dix en naviguant dans la scène pub rock londonienne avant de cofonder le groupe légendaire qui allait redéfinir le rock de la fin de cette décennie. Son approche de l'instrument se caractérise par un sens aigu du groove discret et de la sobriété mélodique, une assise rythmique rigoureuse qui laissait tout l'espace nécessaire aux phrasés de guitare si particuliers de son compère. Tout au long de l'épopée de sa formation principale, il reste le seul membre permanent aux côtés de Knopfler, traversant les décennies de tournées gigantesques et participant activement à la construction de chefs-d'œuvre discographiques vendus à des dizaines de millions d'exemplaires. Parallèlement à ce succès planétaire, il développe sa propre sensibilité artistique en publiant plusieurs albums en solitaire dès le milieu des années quatre-vingt, des projets plus intimistes teintés de blues et de folk où il affirme ses talents d'auteur-compositeur et de chanteur. Après la mise en sommeil définitive de son groupe phare au milieu des années quatre-vingt-dix, il choisit d'explorer d'autres formes d'expression, notamment la peinture sur toile, tout en continuant à se produire régulièrement sur scène et à enregistrer des disques salués par la critique, perpétuant ainsi une carrière d'une longévité et d'une intégrité remarquables.

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Né(e)s un 23 juin ! Bon anniversaire à...

Né à Édimbourg, Stuart Sutcliffe incarne la genèse des Beatles avant l'explosion de la Beatlemania. Initialement peintre et étudiant brillant au Liverpool College of Art, il est convaincu par son ami intime John Lennon de rejoindre les Quarrymen, qui deviendront plus tard les Beatles, après avoir vendu l'une de ses toiles pour s'acheter une imposante basse Höfner 500/5 President. Bien que ses compétences musicales soient souvent décrites comme rudimentaires à ses débuts, son esthétique visuelle ténébreuse, introduisant les célèbres coupes de cheveux "mop-top" et l'imagerie cuir rockabilly, façonne durablement l'image du groupe lors de leurs passages fondateurs dans les clubs de Hambourg. Il quitte finalement la formation en 1961 pour se consacrer corps et âme à la peinture et à sa relation avec la photographe allemande Astrid Kirchherr. Son jeu de basse, bien que noyé dans les enregistrements live rudimentaires de l'époque, reste un témoignage brut de l'énergie et de la rébellion du rock and roll naissant. Il s'éteint tragiquement d'une hémorragie cérébrale à l'âge de vingt et un ans, laissant derrière lui une influence culturelle indélébile sur l'évolution visuelle et conceptuelle du plus grand groupe de l'histoire du rock.

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Tony Levin - Bringing It Down to the Bass

e 6 juin 2026, Tony Levin a soufflé ses quatre-vingts bougies. Difficile d'imaginer meilleur cadeau d'anniversaire à se faire — et à nous faire — que ce Bringing It Down to the Bass, septième album solo de l'homme à la Chapman Stick et aux NS Design, et surtout le premier depuis 2007. Près de vingt ans de silence discographique en solitaire, pour un musicien qui n'a pourtant jamais quitté la scène ni le studio : plus de cinq cents albums au compteur, quinze avec Peter Gabriel, dix-huit dans l'orbite de King Crimson, sans parler de Stick Men ou de la tournée BEAT. Comme son titre l'annonce sans détour, le disque ramène tout à la basse — instrument, vocation, fil rouge d'une vie. Levin l'a conçu comme une autobiographie musicale, et le casting tient autant du carnet d'adresses que de la fête de famille : Robert Fripp, Steve Gadd, Vinnie Colaiuta, Mike Portnoy, Jerry Marotta, L. Shankar, David Torn, Pat Mastelotto, Earl Slick, Manu Katché, son frère Pete Levin aux claviers… Chacun débarque pour un titre, et l'on devine derrière chaque morceau un chapitre, une anecdote de route ou de session. Musicalement, c'est moins une réinvention qu'un panorama affectueux : groove caverneux et funk déluré (« Uncle Funkster », « Bungie Bass »), clins d'œil progressifs (« Beyond the Bass Clef » avec Shankar et Gary Husband), incursion atmosphérique signée Fripp sur « Floating in Dark Waters », et ce running gag assumé des titres qui célèbrent l'outil lui-même — « Me and My Axe », « Give the Cello Some ». On y entend un musicien détendu, joueur, sans rien à prouver, qui privilégie le plaisir et la complicité à la démonstration. Bringing It Down to the Bass n'a pas la prétention de bousculer la carrière de Levin — il la résume avec chaleur. Un disque généreux, parfois inégal dans son foisonnement de guests, mais traversé par une évidence : à 80 ans, l'un des bassistes les plus enregistrés de l'histoire prend encore un plaisir contagieux à descendre vers les fréquences graves. On y va.

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Découverte - Marcus Darc, l'insatiable curieux !

La trajectoire artistique de Marcus Darc est celle d’un explorateur sonore dont la curiosité n'a d'égale que la maîtrise technique. Musicien, compositeur et pédagogue, Marcus Darc s'est construit un univers musical riche, passant avec une fluidité remarquable du jazz traditionnel aux compositions conceptuelles modernes. Son parcours commence bien avant la basse, avec une initiation précoce à la trompette dès l'âge de huit ans au sein d'orchestres d'harmonie, une première immersion qui lui a permis de développer une oreille musicale rigoureuse et une compréhension profonde de la structure harmonique.

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Né(e)s un 22 juin ! Bon anniversaire à...

Lawrence Edward Junstrom, né le 22 juin 1949 à Pittsburgh et décédé le 5 octobre 2019 à Palatka en Floride, est un bassiste américain ayant profondément marqué l'histoire du rock sudiste. Ayant grandi à Jacksonville, il se passionne très tôt pour la musique, délaissant le saxophone pour la basse après avoir été ébloui par les prestations télévisées des Beatles. Bricoleur, il va jusqu'à modifier sa première guitare avec des morceaux de balsa pour la transformer en instrument grave. Dès le milieu des années soixante, il s'associe à Ronnie Van Zant pour cofonder ce qui deviendra Lynyrd Skynyrd. Bien qu'il quitte la formation avant l'enregistrement de leur tout premier album, son jeu de basse pose les fondations rythmiques de ce groupe légendaire. En 1977, il rejoint la formation .38 Special, fondée par Donnie Van Zant, le jeune frère de Ronnie. Au sein de ce groupe, il assure la basse pendant trente-sept ans de tournées intenses et d'enregistrements en studio, apportant une solidité incontestable à leurs nombreux succès. Il se retire de la scène en 2014 à la suite d'une blessure à la main nécessitant une intervention chirurgicale. Passionné par les communications radioamateurs sous l'indicatif K4EB, qui signifiait pour lui « Known 4 Excellent Bass », il s'éteint paisiblement en 2019, laissant derrière lui une empreinte indélébile dans le monde du rock.

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Né(e)s un 21 juin ! Bon anniversaire à...

Charles Frederick "Kip" Winger, né à Denver dans le Colorado, est largement reconnu par le grand public comme le charismatique frontman de Winger, mais il est avant tout un bassiste redoutable doublé d'un compositeur aux influences très larges. Il fait ses premières armes professionnelles et se fait remarquer au milieu des années 80 en tenant la basse pour Alice Cooper, assurant un groove massif et agressif sur les albums Constrictor (1986) et Raise Your Fist and Yell (1987). Techniquement, le jeu de Kip Winger est très influencé par le rock progressif et le heavy metal, intégrant des lignes mélodiques complexes sous des riffs de guitare très lourds. Côté matériel, il s'est constitué un arsenal impressionnant au fil des décennies. Durant la première ère de Winger, on le voyait régulièrement dompter une Spector NS-2 ainsi qu'une Hamer Impact à l'allure très angulaire. Pour la période de l'album Pull (1993), il a collaboré avec la marque Washburn pour développer la KW-1250, un modèle signature haut de gamme équipé de micros Status et d'une électronique active pointue avec un égaliseur intégré pour sculpter son attaque percussive. Plus récemment, il a été aperçu sur scène équipé de basses Warwick Corvette. Musicien insatiable, il a par ailleurs étendu ses talents à la composition de musique symphonique et classique.

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Fernando Molinari - Numen

Originaire du Brésil, Fernando Molinari s'est imposé comme l'une des figures majeures de la basse moderne à l'échelle internationale. Son parcours est celui d'un musicien acharné, puisant ses influences dans le jazz-fusion, le rock progressif, le métal, mais également dans les rythmiques complexes et syncopées de sa culture natale. Il ne se contente pas d'être un technicien hors pair ; il utilise des techniques avancées comme le slap percussif, le tapping à deux mains ou un jeu aux doigts d'une vélocité stupéfiante pour servir un propos musical toujours profondément mélodique. Contrairement à certains virtuoses qui tombent dans la démonstration stérile, Molinari garde constamment à l'esprit que la basse, même lorsqu'elle s'arroge le rôle de soliste, doit conserver son assise rythmique et son groove fondamental. Son approche de la lutherie et de l'amplification reflète cette exigence de tous les instants, recherchant inlassablement ce grain à la fois précis, chaleureux et redoutablement tranchant pour percer des mixages denses, une quête sonore que tout bassiste à la recherche du son parfait comprendra intimement. L'album Numen représente la quintessence de cette philosophie musicale. Dès les premières mesures, l'auditeur est transporté dans un paysage sonore où la basse est reine, naviguant au cœur de compositions instrumentales d'une richesse foisonnante. L'album se distingue par une écriture extrêmement ciselée, où les signatures rythmiques asymétriques côtoient des harmonies sophistiquées, sans jamais perdre l'énergie brute et électrique qui caractérise le jeu de Molinari. Chaque piste est une exploration minutieuse de textures et de dynamiques. Les thèmes mélodiques, souvent exposés à la basse dans les registres aigus avec une clarté cristalline, s'entremêlent avec des unissons fulgurants et des riffs d'une lourdeur implacable, créant un contraste saisissant. Le travail sur le son au sein de Numen est un véritable régal pour les tympans et pour les amateurs de beau matériel. On y décèle une production méticuleuse qui met en valeur les moindres nuances de l'attaque et du toucher de Fernando. Le bas du spectre est abyssal mais parfaitement tenu, évitant tout effet de boue sonore, tandis que les médiums grondent avec cette agressivité musicale si recherchée pour le jeu en slap ou pour faire chanter les harmoniques. Les aigus, quant à eux, s'expriment sans jamais devenir criards, offrant une définition parfaite pour les passages en tapping et le jeu en accords. C'est un disque qui met en lumière l'importance cruciale d'une chaîne du son irréprochable, de la lutherie de l'instrument jusqu'aux étages de préamplification, de compression et d'égalisation. Il prouve de manière éclatante qu'une technique exceptionnelle a besoin d'un écrin sonore sculpté sur mesure pour s'exprimer pleinement. En définitive, Numen dépasse le simple cadre de l'album pour bassistes ; c'est une œuvre d'art fusionnelle qui transcende l'instrument. Fernando Molinari y démontre avec brio que la guitare basse possède une voix soliste puissante, capable de porter des émotions complexes et d'ériger des architectures musicales grandioses. C'est une source d'inspiration inépuisable qui pousse inévitablement à retourner travailler son instrument, à peaufiner son attaque, à explorer de nouvelles pédales d'effets et à repenser son propre son. Une écoute indispensable pour continuer à nourrir notre passion de la basse et de ses infinies possibilités harmoniques.

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Né(e)s un 20 juin ! Bon anniversaire à...

Bien que son génie de compositeur et d'arrangeur ait souvent éclipsé son rôle d'instrumentiste, Brian Wilson demeure le premier bassiste emblématique des Beach Boys, façonnant l'esthétique des basses de la surf music et de la pop orchestrale des années 1960. Armé le plus souvent d'une Fender Precision Bass blanche ou sunburst, qu'il jouait au médiator pour obtenir une attaque percussive et claire, il a su créer des lignes mélodiques indépendantes qui contrapuntaient ses propres harmonies vocales complexes. L'évolution de son jeu culmine avec les sessions de l'album Pet Sounds, où sa compréhension de la guitare basse transcende l'accompagnement basique pour devenir un élément moteur de l'orchestration, inspirant des générations de musiciens à considérer l'instrument sous un angle symphonique. Bien qu'il ait par la suite délégué l'exécution studio à des musiciens de session de la Wrecking Crew comme Carol Kaye, c'est sa vision pionnière et ses lignes directrices qui ont redéfini la fonction de la basse dans la musique pop moderne.

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Zoom H6Studio, l'art de la captation portable

L'ingénierie du son en environnement mobile a franchi un seuil technologique critique avec l'introduction des architectures de traitement à virgule flottante. Pour les musiciens, et tout particulièrement pour les bassistes instrumentistes, ingénieurs du son ou créateurs de contenu gravitant autour de plateformes spécialisées telles que gravebasse.com, la capture des fréquences graves représente un défi acoustique et électronique permanent. La guitare basse électrique ou acoustique génère des transitoires d'une amplitude extrême (notamment lors de techniques de jeu percussives comme le slap ou le pop) tout en exigeant une clarté absolue dans le bas du spectre (des fréquences fondamentales descendant à 30,8 Hz pour un Si grave) sans introduire de distorsion ni de souffle parasite.

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Mike Porcaro, le groove master de Toto (1955-2015)

Discret, précis, profondément musical — Mike Porcaro est l'une des figures les plus respectées de la scène bass de Los Angeles. Son surnom, The Groove Master, résume à lui seul l'essence de son jeu : une colonne vertébrale rythmique irréprochable, au service de la musique, jamais pour l'esbroufe.

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Leoni Jane Kennedy x Redtenbacher's Funkestra - Jesse (Masterlink Sessions)

Sortie ce 19 juin 2026 sur RSB Records, cette relecture de « Jesse » s'inscrit dans la désormais riche série des Masterlink Sessions, ce projet 100 % live-in-the-studio porté par le bassiste et producteur autrichien Stefan Redtenbacher, l'ingénieur du son James Welch (Masterlink Productions, Surrey) et le vidéaste Leo Mansell. Le principe : inviter des artistes à enregistrer en prise unique, sans filet, avec pour colonne vertébrale le collectif Redtenbacher's Funkestra en guise de house band — dans l'esprit des Daptones ou des Funk Brothers. À l'origine, « Jesse » n'est pas la ballade éponyme de Carly Simon (1980) mais une composition originale de Leoni Jane Kennedy, parue en mai 2025 et produite par Eliot Kennedy. Un titre profondément personnel, écrit pour Jesse Hoff (Lazy J Amplification), ami de la chanteuse. Repérée par PROG Magazine (4ᵉ de sa catégorie « Best New Artist ») et artiste officielle PRS Guitars, la Londonienne y déploie une voix à la fois fragile et puissante, que le New York Times a saluée comme un « portail vers quelque chose de passionné et de puissant ». Dans cette version Masterlink, la chanson troque son habillage studio pour le groove organique du Funkestra : section rythmique vivante, dialogue instrumental tenu d'une main sûre par la basse de Redtenbacher, et cette chaleur si particulière des captations en une seule pièce, tous musiciens réunis. Le résultat ne dénature rien de l'émotion d'origine — il l'ancre simplement dans une matière soul-funk plus charnue, où l'on entend respirer chaque instrument. Une réussite de plus pour un format qui a déjà accueilli, au fil des sessions, aussi bien des lauréats Grammy que de jeunes talents prometteurs.

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